Un rwandais du nom de Hategekimana Philippe alias Biguma est comparu pour la première fois devant la cour d’Assise de Paris en France après 29 ans de Génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda.
En date du 10 Mai 2023, le vieux gendarme du régime Habyarimana soupçonné de génocide et crimes contre l’humanité comparait devant la cour d’Assises de Paris en France dans un procès qui durera 2 mois.
Hategekimana Philippe alias Biguma qui, aujourd’hui âgé de 67 ans, est naturalisé Français en 2005 fausse identité du nom de Philippe Manier, pour raison de camouflage.
Accompagné de ses deux avocats dont Altit et Alexis Guedi, son procès commence par l’interrogatoire de personnalité de l’accusé, de la part du Président, pour se rassurer si c’était bien lui.
Hategekimana Philippe admet que c’est bien lui mais affirme que les juridictions Gacaca l’avaient acquitté, et les discussions sur son dossier de Gacaca finissent par lui convaincre qu’il n’a pas été acquitté, donc les obstacles avancés par ses avocats sont disqualifiés par les juges.
Après avoir lu tout le dossier de Hategekimana et présenter son identification, le président de la cour a commencé à lui poser des questions dans le but d’éclaircir quelques étapes de son trajet jusqu’en France et de son exil vers le Cameroun.
Hategekimana Philippe explique qu’il a changé de nom pour la première fois étant encore au Rwanda dans le but de fuir. “J’ai changé de nom en première lieu étant toujours au Rwanda, et en RDC je portais le nom de Hakizimana au lieu de Hategekimana dans le but de ne pas être remarqué”.

Le président du procès lui demande le but de la fausse identité en France alors qu’il n’y avait pas le FPR qu’il craignait, et Philippe répondit qu’il ne pouvait pas retourner sur ses propres noms car son passeport était inscrit sous ces noms qu’il a changés. Toutefois, Philippe affirme devant les juges qu’il a obtenu la nationalité française par biais de fausse identité.
Le président lui demande comment il a quitté l’emploie à l’université, et celui-ci souligne qu’on l’a expulsé du travail suite de nombreuses absences de sa part. “Il y’ avait plus de grèves à cette époque, personnellement j’en ai connu cinq et j’étais stressé, raison pour la quelle je m’absentais au travail”.
Hategekimana explique aussi qu’une lettre anonyme lui est parvenu à l’Université où il travaillait en tant qu’agent de sécurité disant que l’Université a engagé un génocidaire, qui par après a donné une plainte suite a cette même lettre qui l’accusait être génocidaire. Philippe affirme également qu’il changeait de motif pour obtenir son visa lorsqu’il voulait voyager, où le premier motif disait qu’il était employé dans un ONG humanitaire.
Philippe Manier de son vrai nom Hategekimana Philippe est poursuivis pour Génocide et crime contre l’humanité et son implication présumé dans les meurtres des tutsi en préfecture de Butare (district de Nyanza actuel), particulièrement sur les Collines Nyabubare, Nyamure et Nyamiyaga.
Mugisha Bénigne
